• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal

VNB Finance

Courtier immobilier Paris 17

  • Accueil
  • Simulation
  • Demande de prêt
  • Renégocier mon prêt
  • Actualités
  • Contact

Les banques en ligne veulent-elles vraiment faire du crédit immobilier ?

Les banques en ligne prêtent très peu par rapport aux banques traditionnelles alors qu’elles en ont aujourd’hui les moyens. Une situation subie, mais pas seulement, car elles échappent aussi au fardeau que cela représente pour les acteurs historiques.

C’est un constat : les banques en ligne ne prêtent pas. Ou quasiment pas. Pourtant, contrairement au début du phénomène, elles en ont aujourd’hui les moyens, avec leurs milliards de dépôts accumulés auprès de leurs millions de clients.

Sauf que les banques en ligne affichent un « loan to deposit ratio » encore très faible comparé aux acteurs historiques. Chez ces derniers, cet indicateur qui mesure en pourcentage la quantité de prêts réalisée par rapport aux dépôts est d’environ 90 %. Il est même de plus de 100 % pour certains acteurs mutualistes comme Crédit Agricole. Autrement dit, l’essentiel de leur dépôt est utilisé pour prêter. Du côté des banques en ligne, le « loan to deposit ratio » est d’environ 30 % chez BoursoBank et tombe même à 6 % chez Revolut.

Prêter est pourtant présenté comme un élément clé de leur future stratégie pour, notamment, s’institutionnaliser et devenir « une banque principale » dans le but d’améliorer leurs revenus par clients. Mais ce n’est pas si simple.

Des dossiers moins risqués et moins complexes

Boursobank fait des efforts pour financer ses clients, mais dans le même temps elle ne cache pas que son offre de crédit immobilier n’est pas vraiment faite pour tout le monde. Les simulations de son crédit 100% en ligne ne sont accessibles qu’à ceux qui disposent déjà d’un compte chez elle.

Ce n’est donc pas pour elle un outil de conquête client, contrairement aux banques traditionnelles. En outre, même au sein de ses clients, seuls les dossiers les moins risqués et ne nécessitant aucun montage complexe passent le filtre. « Dans le milieu, on appelle ça le crédit autoroute », dit un acteur du marché. Difficile de maintenir sa promesse de « self-service » fluide dès lors que le dossier sort des chemins battus.

De son côté, Revolut ne cesse de clamer que le crédit est au coeur de sa stratégie actuelle, que ce soit pour les particuliers ou pour les entreprises. Pour preuve, elle a fait des demandes de licence bancaire pratiquement partout où elle opère et vient d’en obtenir une au Royaume-Uni.

En annonçant le dépôt d’une demande d’agrément bancaire l’année dernière, Revolut l’avait d’ailleurs rappelé : les portes du crédit allaient enfin s’ouvrir en grand pour la néobanque et elle allait pouvoir s’installer durablement en tant que banque principale dans le portefeuille des Français. La licence arrive, mais le crédit immobilier, c’est moins sûr.

Ce narratif interroge. La néobanque n’a en réalité pas besoin de cette licence pour prêter en France et sur le Vieux Continent, car elle dispose d’un agrément en Lituanie depuis 2017 et elle est aussi sous la coupe de la Banque centrale européenne. D’ailleurs, elle ne cesse de repousser le lancement de ce produit initialement annoncé pour l’année dernière – sans licence française donc.

Un modèle devenu très rentable

C’est aussi le cas en Lituanie et en Irlande où la banque réaliserait cependant déjà des tests. Mais rien ne devrait arriver avant 2027, au minimum. Le groupe ne voudrait pas se lancer « tant que le produit n’apporte pas une plus-value significative par rapport au marché », s’est justifié Victor Stinga, le directeur financier lors de la présentation des résultats annuels.

Les banques en ligne ont-elles réellement intérêt à faire du crédit ? Les meilleurs acteurs du secteur ont en réalité trouvé un modèle très rentable maintenant que leur base de clients a atteint une taille critique. En témoigne le 1,7 milliard de livres sterling de bénéfices réalisés par Revolut en 2025, ou encore les 92 millions d’euros de BoursoBank au premier trimestre 2026, en ligne avec l’objectif d’atteindre au moins 300 millions sur l’année.

Cette rentabilité s’explique par la profondeur de leur catalogue de produits, une base clientèle significative, couplée à des coûts d’exploitation très réduits, étant donné leur fonctionnement 100 % dématérialisé. En France, BoursoBank gère ses 9 millions de clients avec tout juste 1.000 salariés. Par ailleurs, avec la remontée des taux, les milliards de dépôts de leurs clients se sont avérés être de très bonnes sources de revenus d’intérêt, une fois placés. C’est d’ailleurs depuis le retournement de l’environnement de taux que ces nouveaux acteurs sont parvenus à atteindre la rentabilité.

Un changement de regard

Les choses se complexifient fortement avec le crédit. Car être une « vraie banque » s’accompagne d’un fardeau qui pèse lourd sur les acteurs historiques – et dont elles n’hésitent pas à se plaindre. La pression réglementaire d’un côté, avec les contrôles drastiques en matière de conformité – qui ont coûté cher à N26. Les exigences en capital de l’autre. Car en face de chaque prêt, les banques sont obligées de mettre des fonds propres pour absorber les défaillances potentielles. Des fonds totalement immobilisés, qui ne pourront ni servir à investir, ni à nourrir ses bénéfices.

Dans une note récente qui a fait beaucoup réagir, un analyste de JPMorgan alertait sur le risque de changement de regard qui pourrait s’opérer chez les investisseurs, lorsque Revolut passera le Rubicon du crédit. Avec une valorisation à 75 milliards de dollars, Revolut affiche un « price to book ratio » (la valeur de la banque par rapport à ses fonds propres) d’environ 12, alors qu’il se situe entre 1 à 3 pour les grandes banques européennes, souligne la note.

« Cet écart pourrait se réduire avec la hausse du risque de crédit, des exigences en capital et de l’intensité du bilan [l’ampleur des actifs devant être immobilisés pour réaliser une activité ou générer un revenu, NDLR] », prévient l’analyste. De quoi faire obstacle au rêve de Revolut d’être valorisée entre 150 et 200 milliards de dollars lorsqu’elle fera son entrée en bourse. Reste à savoir à quoi ressemblerait le système bancaire le jour où les acteurs les plus puissants traîneraient des pieds pour financer l’économie.

 

Appelez-nous au 06 20 900 584

Mentions légales · Politique de confidentialité · Plan du site