Lors d’un crédit immobilier, le taux n’est pas le seul élément à comparer. Les frais de dossier, facturés par la banque pour étudier et mettre en place le prêt, peuvent varier fortement selon les établissements. Pour un emprunt de 200 000 euros, ils atteignent en moyenne près de 1 900 euros en 2026… mais peuvent grimper jusqu’à 2 500 euros.
L’essentiel
- L’analyse des plaquettes tarifaires de 119 banques montre que les frais de dossier pour les crédits immobiliers restent stables mais varient significativement entre établissements.
- En moyenne, ces frais atteignent environ 1 900€ pour un prêt de 200 000€ ; certains établissements n’en facturent pas tandis que d’autres peuvent demander jusqu’à 2 500€.
- Des ajustements tarifaires ont été observés dans certaines banques, quelques-unes proposent des tarifs préférentiels pour certains profils et ces frais peuvent parfois être négociables.
Un crédit immobilier, ce n’est pas seulement un taux. Au moment de financer un achat immobilier, les emprunteurs doivent également composer avec toute une série de frais annexes : assurance, garantie, frais de notaire… et frais de dossier. Facturés par la banque pour l’étude et la mise en place du prêt, ils peuvent représenter plusieurs milliers d’euros selon l’établissement choisi.
Pour un emprunt de 200 000 euros, certaines banques restent relativement compétitives. C’est le cas par exemple de Hello bank, du Crédit Agricole Île-de-France, de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne ou encore de Louvre Banque Privée, où les frais ressortent autour de 1 000 euros.
À l’autre extrémité du classement, plusieurs établissements dépassent largement les 2 000 euros. Le Crédit Agricole du Finistère affiche ainsi les frais les plus élevés de l’étude, avec 1,40% du montant emprunté, cependant plafonnés à 2 500 euros pour un crédit de 200 000 euros. La Banque Palatine, le Crédit Agricole Atlantique Vendée, le Crédit Agricole Côtes-d’Armor, le Crédit Agricole Ille-et-Vilaine ou encore le Crédit Agricole Morbihan facturent quant à eux environ 2 400 euros dans notre exemple.
Des hausses parfois importantes dans certaines caisses régionales
Si la moyenne nationale reste relativement stable, certaines banques ont néanmoins procédé à des ajustements tarifaires notables ces derniers mois.
Plusieurs caisses régionales du Crédit Agricole ont ainsi relevé leurs plafonds de frais, ce qui peut entraîner une augmentation significative du montant facturé sur les dossiers les plus importants. C’est notamment le cas du Crédit Agricole Centre-Ouest, où la suppression d’un plafond a mécaniquement fait bondir les frais dans notre simulation, ou encore du Crédit Agricole Normandie, où la suppression du plafond entraîne une hausse de plus de 90% dans l’exemple étudié.
D’autres établissements ont également revu leurs grilles tarifaires. Le Crédit Agricole Finistère a par exemple relevé son plafond de 2 000 à 2 500 euros, tandis que le Crédit Agricole Atlantique Vendée a augmenté son taux de 1% à 1,20% du montant emprunté.
À l’inverse, quelques banques ont réduit leurs frais. BNP Paribas a par exemple abaissé le pourcentage appliqué au montant du crédit, ce qui se traduit par une baisse d’environ 14% dans notre simulation.
Des réductions parfois proposées selon le profil
Certaines banques appliquent également des tarifs préférentiels pour certains profils d’emprunteurs.
Les jeunes peuvent ainsi bénéficier de conditions spécifiques. À la Banque Populaire Bourgogne Franche-Comté, les frais sont limités à 200 euros pour les jeunes actifs, quel que soit le montant du prêt. Le Crédit Mutuel Maine-Anjou Basse-Normandie propose pour sa part 50% de réduction pour les moins de 26 ans, tandis que le Crédit Agricole Loire Haute-Loire peut supprimer ces frais pour les emprunteurs de moins de 30 ans.
Certaines banques accordent également des remises pour les primo-accédants ou pour les clients sociétaires. C’est le cas par exemple du Crédit Agricole des Savoie, qui facture 500 euros pour les primo-accédants, ou du Crédit Agricole Lorraine, qui applique des tarifs réduits pour ses sociétaires.
Enfin, quelques établissements proposent des réductions en cas de souscription en ligne. Chez BNP Paribas, les frais peuvent par exemple être réduits de moitié pour les demandes réalisées via internet.
Des frais négociables dans certains cas
Comme le taux d’intérêt ou l’assurance emprunteur, les frais de dossier peuvent parfois être négociés. Les emprunteurs disposant d’un profil solide (revenus élevés, apport important, épargne restante après le projet) peuvent tenter d’obtenir une réduction, voire une suppression partielle.
La fidélité à une banque peut également constituer un argument de négociation. Un client déjà équipé de plusieurs produits (compte courant, épargne, assurance) peut parfois obtenir un geste commercial. Enfin, faire jouer la concurrence reste souvent la stratégie la plus efficace. Présenter à son conseiller une offre concurrente peut inciter la banque à revoir ses frais à la baisse pour conserver le dossier.

